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Reconfinement : 5 conseils aux entreprises pour (bien) s’organiser

La vraie crise est peut-être encore à venir alors autant se tenir prêt en partageant quelques bons conseils pour faire front.

Les RH ont bien souvent été en première ligne pour gérer la crise au sein des organisations. Si leur rôle en ressort grandi et réévalué, la vraie crise est peut-être encore à venir alors autant se tenir prêt en partageant quelques bons conseils pour faire front, tout en préservant une “espèce de fantaisie”.

1. Évaluez les nouvelles difficultés dues au contexte

Vous avez géré au mieux le retour au bureau et le protocole de rentrée, géré les stocks de masques et de gel, géré le spacing et l’affichage, le mètre-ruban et le fléchage. Dans les faits, tout cela s’est révélé moins difficile que de gérer l’activité partielle, mais déjà de nouvelles difficultés se font jour. Les collaborateurs sont fatigués, beaucoup ne sont pas vraiment partis en vacances, ou pas assez longtemps. Sans vraie cassure, il n’y a pas eu de vrai repos. Or, comme on dit à Winterfell, “winter is coming”, et l’avenir est incertain. Face au stress que cela peut engendrer, favorisez une parole ouverte et une oreille attentive ; créez de nouveaux espaces de discussion, comme autant de sas de décompression, où les sujets sensibles peuvent être évoqués sans tabou ni équivoque.

Après avoir expérimenté une longue période de télétravail, le retour à “la normale” ne peut se faire sans ajustements, ni sans évacuer la possibilité d’une nouvelle forme de confinement : il vous revient de lister tous les irritants liés au distanciel pour rassurer ceux et celles qui l’auraient mal vécu. Il y a un vrai travail de fond à faire sur ces questions, de recensement, de pédagogie et d’accompagnement dans la transformation de nos modes de travail.

2. Étalez votre culture d’entreprise

On connaît le bon mot selon lequel « la culture, c’est comme la confiture : moins on en a, plus on l’étale ». Eh bien, pour ce qui est de la culture d’entreprise dans le contexte actuel, la boutade pourrait être une idée féconde. Jusqu’ici, c’est un peu la ronde des palliatifs : on a virtualisé les rituels de convivialité pendant le confinement et on regarde avec nostalgie les habitudes du monde d’hier (#onveutdesapéros).

Or rien n’empêche d’inventer de nouvelles modalités de sociabilité et de culture. Le masque et la distanciation sont des freins ? Regardez-les plutôt comme des prétextes pour mieux se connaître. À l’heure de la méfiance et du repli, il faut précisément agir sur les effets délétères de la crise en multipliant les initiatives “cheer you up” et les occasions de faire corps ; on protège aussi les autres en s’inquiétant de leur moral. Pensez bien-être et qualité de vie au travail, ils n’ont jamais été aussi nécessaires. Favorisez le lien social et les activités collectives, antistress et fédératrices : escape game virtuel, séances de Yoga sur Zoom, et de Gi gong (utile pour apprendre à mieux respirer avec le masque) …

Accompagnez, consultez, écoutez, sondez, proposez, épaulez : le masque n’est pas un bâillon, juste un pis-aller. D’ailleurs, on aurait tort de se cacher derrière, après tout, la bonne humeur aussi est contagieuse.

3. Tracez de nouveaux chemins d’évolution

Le bien-être, on le sait, favorise l’engagement. Or la motivation des troupes tient d’une part à la culture d’entreprise, qu’il convient de maintenir par tous les moyens disponibles (attention au budget tout de même, on va y venir), et d’autre part au sentiment pour chaque collaborateur d’être à sa place. D’autant que le confinement et l’ambiance générale ont révélé certaines crises dans la vocation, une quête de sens : Qui suis-je ? Où vais-je ? Que puis-je espérer ? Les salariés ont peut-être relu Kant mais ils s’interrogent certainement sur leur place dans la société.

Là encore, le rôle des RH est essentiel : rassurer dans un climat pour le moins anxiogène, ouvrir des perspectives à ses talents, accompagner celles et ceux qui aspirent au changement. Des aspirations qui peuvent s’accorder avec les besoins des entreprises, qui recrutent moins mais dont les objectifs n’ont pas baissé. Ainsi, nos outils d’analyse sous le bras (gestion de carrière, cartographie des compétences, description de poste, entretien d’évaluation, scorecard…), on va pouvoir redéfinir la géographie de certains postes, penser aux compétences réellement requises et faire évoluer les talents vers des missions qui leur correspondent et qui les valorisent.   

4. Versez généreusement dans la frugalité

Au moment où de nombreuses organisations se serrent la ceinture, que ce soit pour la communication ou le recrutement, se concentrer sur la mobilité interne semble un excellent moyen de concilier besoins (de l’entreprise) et désirs (des collaborateurs). Au fond, la vraie question à laquelle il faut répondre, c’est comment réussir à travailler avec moins. On comprend aisément que les entreprises qui s’en sortent le mieux sont généralement celles qui ont adopté avant l’heure les principes de l’innovation frugale (faire plus avec moins) et qui ont une gestion raisonnée de leurs ressources (économiques et humaines, tout est lié). Une leçon pour ceux et celles qui s’inquiètent de voir leur budget fondre comme peau de chagrin. En réalité, c’est l’opportunité d’expérimenter d’autres voies, pas forcément plus faciles, mais plus gratifiantes. La bonne gestion des ressources a notamment permis à certaines entreprises de maintenir tous les postes (y compris les périodes d’essai). Or ce qui est bon pour les collaborateurs l’est aussi pour la marque employeur et la vie d’entreprise.

5. Réinventez le partage de connaissances

Autre leçon de la veille dont il serait bon de tirer profit à l’heure où il n’est plus toujours possible de demander directement l’information à son voisin de bureau : le partage des connaissances. L’expérimentation massive du télétravail nous a effectivement appris que, malgré une technologie efficace pour échanger à distance, l’accès à l’information peut demeurer problématique. Il convient donc de développer une culture de l’écrit en créant une base de connaissance partagée, une FAQ interne. Un outil indispensable, pilier de l’organisation de demain : gage de tranquillité et d’efficacité, une telle base permettra de ne plus être interrompu dix fois par jour sur Slack ou de voir sa boîte mails surchargée ; de ne plus craindre non plus d’avoir à déranger une énième fois un collègue pour un point de détail.

Voilà, 5 conseils, c’est peu, mais vous avez sans doute vos propres recettes face à la crise. Partagez-les ! Anticiper, c’est voir venir, et se donner la possibilité de s’opposer : à la morosité, à l’inquiétude, même à la pluie ! Utilisez donc votre ciré contre les gouttes, le masque contre les gouttelettes et votre énergie (contagieuse) contre la deuxième vague.

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