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Les bonnes raisons d’être optimistes vis-à-vis de l’informatique !

Oui, l’informatique c’est formidable et on ne le dit pas assez. Dans cette chronique, j’ai essayé d’exprimer ce qu’elle m’a apporté et de vous encourager à être et rester positif, optimiste vis-à-vis de ce secteur fascinant.

Alors que ma vie professionnelle est déjà bien avancée, je ne peux que ressentir une forte reconnaissance pour ce secteur d’activité où, finalement, j’aurais accompli toute ma carrière. En effet, on peut toujours critiquer tout ce qu’on veut mais il y a un moment où il faut savoir reconnaître les bonnes choses et vis-à-vis de l’informatique je ne peux qu’être subjugué devant le chemin parcouru et être très optimiste vis-à-vis de ce que nous promet le futur. 

Encore aujourd’hui, je m’émerveille à chaque fois que j’ai l’occasion de participer à une vidéo conférence en constatant que ça fonctionne plutôt bien alors que je sais toutes les prouesses techniques qu’il a été nécessaire d’accomplir pour arriver à ce résultat. Pour les jeunes d’aujourd’hui tout cela fait partie du quotidien habituel et ne génère aucun ébahissement, c’est simplement normal. Pour moi en revanche, il s’agit d’un aboutissement d’années de lutte, d’espoir et de progrès qui se sont finalement concrétisés. 

Même s’il m’arrive d’être critique vis-à-vis du battage médiatique en faveur de l’intelligence artificielle, j’utilise avec bonheur les assistants vocaux qui sont désormais à notre disposition presque partout et presque tout le temps et je pilote mon petit monde à la façon du capitaine Picard dans Star Trek lorsqu’il lançait son mot-clef “computer” et que la machine répondait par une note brève, attendant la suite, obéissante et omnisciente. Alexa (ou Siri ou Google Home) n’est pas encore tout à fait de ce niveau-là mais elle progresse en permanence.

Et tout cela sans oublier YouTube que j’utilise à chaque fois que je me demande comment faire telle ou telle tâche (travail manuel, bricolage). Qui aurait imaginé que YouTube deviendrait ainsi (entre autres) un auxiliaire du “do it yourself” ?

Et Netflix ?

Il y a vingt ans, nous rêvions de ne plus avoir à attendre l’arrivée des DVD dans la boîte à lettres (déjà envoyé par Netflix d’ailleurs)… Aujourd’hui, ce rêve est une réalité bien concrète et la “boite à films” fonctionne bien, même avec un accès (relativement) limité au réseau global… Encore une performance extraordinaire qui s’inscrit désormais dans une normalité banale.

Le fait que je sois en train de dicter cet article sur Gdocs (avec encore quelques inévitables corrections et travail d’édition) devrait nous permettre de mesurer le chemin parcouru par le “cloud computing”, dernier avatar en date de l’informatique.

Un chemin parcouru vertigineux et vivifiant

Quand j’ai commencé à travailler dans ce secteur au milieu des années 70, l’informatique centralisée rigide et monolithique était la règle générale et écrasante. Rares étaient les informaticiens qui considéraient la montée de la micro-informatique comme autre chose qu’un jouet pour ado attardé. 

J’ai eu la chance de participer à plusieurs vagues techniques qui ont contribué à moderniser cette informatique “rustique”. Je dois dire que j’ai toujours trouvé ce métier passionnant et, quand la passion est là, c’est tout de même plus facile de l’assumer tous les jours. Je plains sincèrement tous ceux qui faisaient (et font encore) un boulot subit uniquement parce qu’il faut bien “manger et payer son loyer”. Avec l’informatique, je ne me suis jamais ennuyé même s’il m’est arrivé de passer par des moments difficiles (une fois, je suis resté 25 heures de suite -pas le choix, fallait que ça marche- pour résoudre un problème technique particulièrement retors mais je suis certain que nous avons tous ce genre d’anecdotes à évoquer !). Aujourd’hui, je n’ai pratiquement que des bons souvenirs à me rappeler et je ne peux qu’être profondément reconnaissant d’avoir fait partie de cette formidable aventure.

Quand j’ai commencé, les cartes perforées étaient encore omniprésentes et le fait de porter sur soi (oui, sur soi !) des capacités de traitements à faire rêver HAL 9000 (ne serait-ce que pour calculer vos efforts pendant votre sortie à vélo) était du ressort de la science-fiction très futuriste. Et pour qui a vécu les différentes versions de Windows et MacOS (depuis les années 80), comment ne pas être ravi de voir un Chromebook être opérationnel en seulement quelques secondes ?

Les héros sont des repères

“Même l’enfer a ses héros”, dit l’un des personnages secondaires du film “La neuvième porte” (Polanski). Les héros de l’informatique sont nombreux et certains comme Steve Jobs sont très connus. Pour moi, il y en a un qui se détache de l’horizon et c’est Tim Berners Lee, le co-inventeur du Web (avec Robert Cailliau). Pourquoi ?

Parce qu’il a eu le courage et la lucidité de résister aux spécialistes qui l’incitaient à centraliser la gestion des liens hypertextes afin d’éviter les erreurs 404 que nous connaissons tous. Avec le recul, on s’aperçoit que cet inconvénient est un prix minime à payer en contrepartie des immenses services qu’à rendu le Web et qu’il va continuer à rendre à l’avenir. Il est d’ailleurs fascinant de constater que le Web avec ses composants relativement rustiques est toujours aussi présent et aussi important dans notre informatique de tous les jours… Pour moi, Tim Bernes Lee est le James Watt des temps modernes : un héros en apparence modeste mais qui eut un impact immense et durable sur l’évolution de la technique (la machine à vapeur pour Watt, le Web pour Bernes Lee).

Le futur est brillant car c’est vous qui allez le définir

On peut ainsi glorifier le passé mais c’est évidemment moins intéressant que de se pencher vers le futur et là, il y a également beaucoup de bonnes choses à venir. Il est évident que les 40 dernières années ont été fascinantes mais, selon moi, les 40 années à venir le seront tout autant. Tout d’abord, il nous faut admettre que toutes les difficultés que nous affrontons aujourd’hui sont autant de pistes pour les progrès futurs. C’est comme cela que ça s’est passé hier et il y a de bonnes chances que ça recommence pour demain. C’est pour cela que je suis très optimiste sans pour autant être capable de prédire avec précision ce qui va être accompli dans les décennies à venir. Oui, je crois fermement qu’il y a encore plein de (bonnes) choses à faire et que les informaticiens ont encore un brillant avenir devant eux.

Non, les progrès qui vont être nécessairement arriver dans les domaines de la robotique et de l’IA (même si une “intelligence générale” n’est sans doute pas pour demain ni même pour après-demain) ne vont pas rendre inutile le personnel sur le terrain qui, avec son ingéniosité et sa capacité à s’accrocher à un problème jusqu’à trouver une solution satisfaisante, sera toujours indispensable. Les métiers vont muter, c’est inévitable (où sont désormais les pupitreurs qui étaient si répandus quand j’ai commencé dans le domaine ?) et c’est tout l’enjeu d’une carrière bien menée : restez curieux, restez avides et vous resterez utiles (stay foolish, stay hungry…). Ne vous laissez pas enfermer dans une situation (trop) confortable qui va s’avérer être un piège au fur et à mesure des évolutions qui vont rebattre les cartes et changer la donne (c’est toujours ainsi, c’est la seule chose dont on peut être sûr).

L’informatique reste fascinante parce qu’elle est devenue accessible. Quand elle était centralisée et concentrée sur quelques mainframes, il était difficile d’y contribuer. La micro-informatique a changé cela en profondeur avec les conséquences que l’on sait. Les individus dans un garage ont pu lutter à armes quasiment égales avec les plus grands laboratoires. Un Linus Torvald ou un Larry Page sont des preuves vivantes de ce paradigme.

Aujourd’hui, à l’heure du cloud computing ou demain sous le signe de “l’informatique omniprésente” (pervasive computing), ce sera toujours aussi vrai et c’est une opportunité fantastique. Certes, il est désormais un peu tard pour développer l’app qui va réussir à faire son trou dans les app stores quasiment saturées. Mais peut-on imaginer que tous les jeux sont joués ?

Évidemment pas. En matière de confort de l’utilisateur et de facilité d’utilisation de cette informatique présente à tous les étages de nos vies connectées, tout reste à faire. Avec la progression des objets connectés tout autour de nous, il y a aussi énormément à faire. Sans oublier la sécurité qui va devenir un enjeu majeur où tout le monde sera concerné (c’est déjà le cas mais tout le monde ne l’a pas encore compris…). Le futur est brillant car il va être défini par vous. Je me réjouis d’avance d’être émerveillé par vos prouesses futures !

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