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Le come-back de la voiture personnelle

Le come-back de la voiture personnelle

La crise sanitaire de la Covid-19 a eu un impact important sur le secteur automobile. Les constructeurs ont dû – et su – s’adapter à la nouvelle situation économique, sociale et écologique.

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La crise sanitaire a accéléré les choses, mais les constructeurs ont été obligés de revoir leur stratégie de développement pour faire face aux exigences de la réglementation Cafe (Corporate Average Fuel Economy). Cette réglementation qui entre en vigueur au 1er janvier 2021, et prend comme référence les immatriculations 2020, les oblige à ne pas dépasser 95 g de CO2/km en moyenne pour l’ensemble de leurs gammes “véhicules particuliers et véhicules utilitaires légers”.

Même si ce chiffre est en fait ajusté pour chaque marque, les constructeurs n’ont pas d’autres alternatives que de privilégier le 100 % électrique et l’hybridation (rechargeable ou non) thermique/électrique.

Réduire les émissions de CO2, une priorité

En réalité, dans l’industrie automobile, la transition énergétique est en marche depuis quelques années déjà. Les principaux groupes ont revu leurs gammes depuis l’introduction, dès septembre 2018, de la réglementation WLTP (World harmonized light vehicles test procedure) et du protocole RDE (Real driving emissions). Cette nouvelle norme d’homologation a eu pour première conséquence une augmentation de l’ordre de 25 % des chiffres des taux des émissions de CO2.

Or, ce taux sert en France pour le calcul du malus écologique et de la taxe sur les véhicules de société (TVS) payée par les entreprises. Ces dernières ont ainsi subi une hausse importante de leurs taxes bien que les pouvoirs publics aient revu la grille du malus pour ne pas (trop) les pénaliser.

Conscients du problème, les constructeurs ont cherché par tous les moyens techniques possibles – hybridation, introduction d’AdBlue pour les moteurs diesel, etc. – à réduire les consommations et les émissions de CO2. Ils ont supprimé de leur catalogue les modèles les plus lourdement pénalisés.

Des plans de sauvetage et des aides à l’achat

C’est dans cet environnement déjà compliqué qu’est intervenue la pandémie et une baisse du volume des ventes. Dès le mois de juin cependant, des aides à l’achat ont été mises en place et les “bonus écologiques” revus à la hausse pour aider une industrie en déroute.

Pour les véhicules électriques, les “bonus” sont, en France, de :

– 7 000 euros pour les particuliers voulant acquérir (ou louer en longue durée) une voiture particulière ou un utilitaire d’un PTAC maximum de 3,5 t émettant jusqu’à 20 g de CO2/km et dont le coût d’acquisition est inférieur à 45 000 euros TTC (coût d’acquisition et de location de la batterie compris). Cette aide est ramenée à 3 000 euros pour les véhicules particuliers si leur coût d’acquisition est compris entre 45 000 et 60 000 euros.

– 5 000 euros pour les entreprises.

Pour les véhicules utilitaires et pour les véhicules particuliers utilisant l’hydrogène comme énergie, le bonus est de :

– 3 000 euros également, quel que soit leur coût d’acquisition. Pour certains utilitaires bénéficiant d’une dérogation de poids, l’aide est portée à 4 000 euros.

Pour les véhicules hybrides (rechargeables), le bonus se monte à :

– 2 000 euros, sous réserve qu’ils n’émettent pas plus de 50 g de CO2/km, que leur coût d’acquisition TTC soit inférieur ou égal à 50 000 euros et que leur autonomie en tout électrique en ville soit supérieure à 50 km.

Toutes ces aides, qui sont toujours limitées à 27 % du coût total d’acquisition TTC et le cas échéant augmenté du coût des batteries si elles sont prises en location, s’entendent pour un véhicule :

– neuf,

– acheté ou loué avec option d’achat ou pour une durée d’au moins 2 ans,

– immatriculé en France dans une série définitive.

Attention ! le véhicule ne peut pas être vendu dans les 6 mois suivant son achat, ni avant d’avoir parcouru au moins 6 000 km.

La voiture personnelle, un bon moyen de distanciation sociale

À côté des “bonus” écologiques, les pouvoirs publics ont aussi mis en place un système de la prime à la conversion (ou “prime à la casse”).

Les personnes morales peuvent en bénéficier à hauteur de 5 000 euros pour l’achat ou la location en longue durée d’un utilitaire 100 % électrique. Cette prime est de 2 500 euros s’il s’agit d’une voiture particulière électrique ou hybride rechargeable, émettant jusqu’à 50 g de CO2/km et ayant une autonomie en 100 % électrique d’au moins 50 km (1 500 euros dans le cas contraire).

L’ “effet Covid-19” a entraîné, dans le secteur automobile, des bouleversements qui n’ont pas tous été négatifs. Boostées par les aides gouvernementales, les ventes de véhicules électriques ont connu un “boom” en France. La voiture personnelle, jusque-là délaissée au profit des mobilités partagées, a retrouvé une certaine actualité. Elle est considérée comme un moyen de distanciation sociale efficace. L’avenir dira si cela s’inscrit sur le long terme comme la pratique du vélo, le grand gagnant des moyens de déplacement “post-confinement”.

A savoir

Au 1er janvier 2021, les bonus s’inscriront à la baisse, les malus à la hausse.

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