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La solitude, face cachée de la crise sanitaire

Depuis près d’un an, chacun de nous fait face à des restrictions qui aggravent les sensations de solitude d’isolement.

La journée mondiale des solitudes du 23 janvier parlera sans doute à un nombre plus grand d’entre nous qu’autrefois. C’est qu’une autre crise rampante liée à l’isolement accompagne cette épidémie, et touche tous les Français : personnes âgées comme étudiants, chômeurs aussi bien qu’employés, jeunes actifs autant que frais retraités.

La crise sanitaire, accélérateur du repli sur soi

Les bouleversements nés de la Covid-19 ont perduré à mesure que la pandémie a continué. Certains, plus entourés, en meilleure santé ou à l’abri du besoin, s’habituent tant bien que mal à cette situation hors du commun. Tant d’autres naviguent en eaux troubles, abattus par le recul incessant d’un retour à la normale.

L’isolement agit comme un catalyseur d’autres fragilités, qui peuvent toucher chacun d’entre nous : anxiété, addictions, difficultés financières. Les couvre-feux et confinements successifs, accompagnés de la fermeture des espaces de socialisation, propres à entretenir et développer une vie sociale ordinaire, ont lourdement pesé sur le bien-être de chacun de nous.

L’association Astrée souligne cette semaine dans un sondage réalisé avec l’IFOP que 18% des Français disent souffrir de solitude, contre 13% avant la crise, soit une augmentation de plus de 30% en un an.

L’épisode Covid doit accélérer la lutte contre les effets moraux, sociaux et vitaux causés par la solitude

Si des cellules nationales de soutien psychologique ont été mises en place pour permettre aux plus fragilisés d’être entendus, ces solutions ne semblent pas inscrire la lutte contre les solitudes dans une politique publique pérenne. 

Malgré des circonstances qui amènent l’ensemble des citoyens à être concernés par la solitude, il n’y a pas de vraie réflexion engagée dans notre pays pour prendre à bras le corps ce problème de santé publique.  Une étude réalisée par Cigna souligne ainsi que la solitude a le même impact sur la mortalité que le fait de fumer 15 cigarettes par jour, ce qui la rend encore plus dangereuse que l’obésité.

Qui prétendrait découvrir le problème aujourd’hui ? Cette situation va grandissante depuis des décennies suite à la métropolisation, et les mouvements de population qui l’ont accompagnée. Chaque année on ne compte plus les associations ou les élus locaux qui s’alarment de ce phénomène. 

Les Français ne s’y trompent pas : pour 71% d’entre eux, des relations plus fortes et plus proches entre voisins sont efficaces pour lutter contre l’isolement au quotidien et le sentiment de solitude, d’après une étude IFOP menée pour Nextdoor en décembre 2020.

Contre la solitude, le rempart de l’entraide et des solidarités de proximité

Des initiatives positives ont émergé de la crise, rendant plus prégnantes les solidarités de proximité et les attentions entres personnes d’un même quartier : en fabriquant des masques, en faisant les courses pour les plus fragiles, en apportant des repas aux soignants… Autant d’illustrations de la bienveillance et de l’engagement de chacun envers ceux qui l’entourent. 

En cela, le numérique peut être un formidable accélérateur de lien social. Passer de la reconnaissance à l’action, ouvrir sa porte à ceux qui sont en situation d’isolement social, faire des quartiers de véritables communautés de personnes soudées autour de valeurs communes, d’entraide, de partage et de gestes éco-responsables, ce n’est pas qu’une idée simple.

C’est aussi la responsabilité de notre époque : tenir la promesse fondatrice d’une société numérique de partage, de bien-être, et de progrès.

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