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[Interview] Cristina Cordula : “Je suis persévérante”

[Interview] Cristina Cordula : 'Je suis persévérante'

Avant d’être une animatrice télé connue, Cristina Cordula est une entrepreneure combative qui a su lever les freins des débuts pour créer son agence éponyme. Se former, s’entourer et insister pour croire en son idée : un trio gagnant, loin d’être accessoire.

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Comment vous êtes-vous lancée dans l’entrepreneuriat ?

J’ai créé mon agence, Cristina Cordula, en 2002, soit deux ans avant mes débuts à la télévision. Ma carrière dans le mannequinat arrêtée, je voulais continuer à travailler dans la mode. Je ne savais pas comment. J’ai d’abord collaboré pendant un an avec un cabinet d’import/export pour comprendre l’aspect “business” de la mode. J’avais déjà le côté créatif, mais je ne savais pas comment on faisait pour vendre, tout simplement. Ensuite, j’ai créé ma propre marque d’accessoires de plage C+C. Elle a plutôt bien fonctionné, puisque j’ai vendu mes produits en France, mais aussi aux États-Unis et au Japon.

Mais vous n’avez pas continué…

Le problème, au bout de quelques saisons, c’est que je me suis rendue compte que ça ne me plaisait pas. Je n’ai pas aimé l’aspect commercial où il y avait très peu d’échanges humains. Tout était une question de commandes, livraisons, paiements, etc. La fabrication se faisait en Inde, il fallait y aller souvent pour suivre les process et le moindre retard avait un impact sur les clients. Tous ces problèmes de logistique ne me correspondaient pas. Je me suis donc tournée vers le consulting en image.

Au début des années 2000, ce métier était peu commun. Il s’agissait donc d’un véritable pari ?

Je savais que ce métier existait aux États-Unis, en Angleterre, mais pas du tout en France. Seuls les hommes politiques se préoccupaient vraiment de leur image. Or, l’image, ça devait juste devenir démocratique.

Comment ?

Quand j’ai ouvert mon agence, parler d’image restait très délicat. Pourtant, j’étais persuadée qu’il s’agissait d’un métier d’avenir. Dès le départ, il a fallu lever beaucoup de tabous… Les Français pouvaient se vexer très facilement ! Il a donc fallu faire preuve de psychologie, d’un sens de la persuasion et avoir du flair pour ressentir la personnalité, choisir les bons mots pour ne pas brusquer la personne.

Vous êtes-vous formée ?

Pour me lancer, j’ai étudié les pratiques développées par les conseillers en image aux États-Unis et en Angleterre. Quelle était leur façon de travailler ? Quelles étaient les techniques qu’ils utilisaient ? À partir de cette base, j’ai créé ma propre technique. Vêtements, morphologie, couleurs… Cela m’a pris du temps de travailler là-dessus ! Pendant plus d’un an, j’ai poursuivi mes recherches et, comme j’avais très peu de clients au début, j’ai continué à me perfectionner.

Vos débuts ont donc été difficiles ?

Bien sûr ! J’ai commencé seule ! Puis par le bouche-à-oreille, j’ai soigné mon réseau, développé le commercial pour dénicher les premiers clients. Je faisais moi-même le maquillage et je collaborais avec un seul coiffeur. Petit à petit, et notamment grâce à l’aide de la télévision, l’agence s’est étoffée. De plus en plus de clients sont venus me voir. J’ai commencé à déléguer, je me suis constituée une équipe. Aujourd’hui l’agence Cristina Cordula réunit de nombreuses personnes et collabore avec différents professionnels : six stylistes, quatre coiffeurs, plusieurs maquilleurs… Et nous proposons même de la formation pour les entreprises.

Pourquoi développer une offre B to B ?

Parfois, pour être crédibles dans le monde professionnel, les gens perdent leur personnalité. C’est le problème du costume-cravate par exemple. Or, aujourd’hui, les entreprises sont plus soucieuses du bien-être de leurs salariés. Plus ils seront eux-mêmes, mieux ils se sentiront. Ils ne seront plus déguisés. C’est pourquoi nous les accompagnons pour améliorer le lien entre image de l’entreprise et personnalité du collaborateur. Nous travaillons aussi tout particulièrement auprès des forces de vente pour des entreprises du prêt-à-porter, ou pour des événements internes comme le team building.

Qu’avez-vous appris de votre parcours entrepreneurial ?

Tellement de choses ! En commençant, je ne savais rien du business, ni l’aspect administratif ni juridique. Mais il faut se lancer et ne pas avoir peur. J’ai découvert petit à petit chaque aspect d’une entreprise, en échangeant beaucoup avec mon comptable par exemple. J’ai aussi des avocats autour de moi qui m’épaulent, des conseillers financiers… Un chef d’entreprise ne peut pas tout savoir. J’ai donc appris à m’entourer, à déléguer et aussi à persévérer.

Un moment fort à partager ?

2009 a été une année très difficile, je dirais même catastrophique. C’était la crise et je venais de faire un gros investissement dans les bureaux de ma société, que j’envisageais,finalement, de fermer. Mais j’ai pris mon courage à deux mains : contre toute attente, la crise m’a obligée à bien réfléchir et à rebondir. J’ai décidé d’embaucher une personne pour s’occuper correctement de ma présence sur les réseaux sociaux.

Je n’étais présente nulle part alors que, avec ma notoriété, il y avait vraiment quelque chose à faire. Cette personne a entièrement revu mon site internet et elle m’a inscrit sur les différentes plateformes existantes. Aujourd’hui, ce réseau digital se révèle être un grand atout. Snapchat, Facebook, Instagram, Youtube… J’y développe toute ma communication ( Cristina Cordula dispose aujourd’hui de 1 million de followers sur Instagram et de 1,5 million sur Facebook, N.D.L.R.).

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